
… aux libraires, nobles défenseurs des hérissons.
[Source image : www.mariandme.com]

Amis lecteurs !
Je suis très touchée, très émue et très fière de vos commentaires sur ce blog ou des mails et lettres que je reçois et je regrette de n’avoir pas le temps d’y répondre immédiatement mais je suis trop prise par cette rentrée inattendue pour le faire à loisir. Ah, si je pouvais écrire à plein temps ! Ah, si je n’étais pas prise par d’autres occupations ! Mais dès que je le pourrai, j’alimenterai ce blog avec gourmandise. Quoi qu’il en soit, vos mots sont un grand bonheur. Merci, de tout coeur.
[Photo : Stéphane Barbery | Rappel : la fleur est un sexe | 30.04.07]

Si seulement j’avais du temps…
Bientôt, je pourrai savourer toute cette joie…
[Source image : www.spreadshirt.com]

« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bougeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’idée que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. »
Muriel Barbery est née en 1969. L’élégance du hérisson est son deuxième roman. Le précédent, Une gourmandise, est traduit en douze langues.
En librairie le 31 août 2006

Dans Taniguchi, les héros meurent en escaladant l’Everest. Comme je n’ai aucune chance de pouvoir tenter le K2 ou les Grandes Jorasses avant le 16 juin prochain, mon Everest à moi, c’est une exigence intellectuelle. Je me suis donné pour objectif d’avoir le plus de pensées profondes possible et de les noter dans ce cahier : si rien n’a de sens, qu’au moins l’esprit s’y confronte, non ?
(Paloma)
[Source image : http://blog.mondobingo.fr]
Mais ce joueur, déjà, quand je l’avais vu entrer sur le terrain, j’avais senti quelque chose de différent. L’impression de le voir bouger, oui, mais en restant là. Insensé, non ?
(Paloma)
[Source image : newsimg.bbc.co.uk]

Le père, joué par Chishu Ryu, acteur fétiche d’Ozu, fil d’Ariane de son oeuvre, homme merveilleux, rayonnant de chaleur et d’humilité, le père, donc, qui va bientôt mourir, devise avec sa fille Setsuko de la promenade qu’ils viennent de faire dans Kyoto. Ils boivent du saké.
LE PERE
Et ce temple de la Mousse ! La lumière rehaussait encore la mousse.
SETSUKO
Et aussi ce camélia posé dessus.
LE PERE
Oh, tu l’avais remarqué ? Que c’était beau ! (Pause.) Dans l’ancien Japon, il y a de belles choses. (Pause.) Cette façon de décréter tout cela mauvais me semble outrancière.
(Rapporté par Renée)
[Source image : www.midnighteye.com]

C’est un livre, une belle édition reliée de cuir marine, au grain grossier très wabi. En japonais, wabi signifie » une forme effacée du beau, une qualité de raffinement masqué de rusticité ». Je ne sais pas ce que cela veut dire mais cette reliure est incontestablement wabi.
Je chausse mes lunettes et déchiffre le titre.
(Renée)
[Photo : Stéphane Barbery | Ensô | 16.02.06]